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Lettre d'Egypte - On tourne PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Francois Ghoche   
Mercredi, 02 Décembre 2015 00:00
Index de l'article
Lettre d'Egypte
Un long fleuve tranquille ?
On tourne
Et l'Histoire ?
Cycles cachés
Cycle de violence
Cycle d'intégrisme
L'interaction entre les cycles
Entre actualité et réalité
Toutes les pages

 

On tourne

Pour tenter de faire plus bref, de recherche en analyse, de prière en méditation, avec le temps et les rencontres, je suis arrivé à constater ce que vous savez probablement déjà : la nature opère selon des cycles.

Rien n'est continu. Même ce qui ressemble à une belle ligne droite devient de toute façon courbe si on la prolonge suffisamment loin.

Les graphiques qui représentent des paramètres mesurés de phénomènes naturels montrent en général des variations en creux et en bosses à priori incohérents. Pour l'analyste, la belle ligne droite de pente croissante ou décroissante qui permet de visualiser une tendance dans ce meli-mélo est certes un beau résultat de calcul statistique. Cela permet de satisfaire notre besoin de dégager un support de raisonnement déductif ou inductif acceptable pour ce que notre raisonnement est en mesure d'appréhender en un minimum de temps et d'effort.

Mais cette belle ligne droite n'est qu'un indice artificiel, certes parfois bien utile, et d'autres fois trompeur. Cette vision circonstancielle d'une actualité partielle camoufle la réalité sous-jacente. Sauf exception, il y a quasiment toujours dans le phénomène dont les paramètres ont été mesurés une expression cyclique.

Dans le plus simple des cas, comme celui de la mesure dans le temps de paramètres d'un processus mis en œuvre dans une technologie industrielle, on obtiendra une belle courbe régulière. Par exemple, la tension mesurée à intervalles réguliers pour le courant électrique circulant dans nos réseaux électriques, reportée dans un graphique aux échelles de voltage et de temps judicieusement choisies nous montrera une belle courbe régulière en sinusoïde, la tension du courant électrique qui nous alimente variant régulièrement entre un sommet et un creux cinquante fois par seconde.

A noter au passage que cette danse des électrons s'effectue exactement au même rythme et en accord harmonieux dans tous les circuits électriques des maisons des habitants du continent Européen, dont la grille de distribution est raccordée et vibre à la même fréquence. Il y a là une constatation que je trouve fascinante.

Bon, vous trouvez peut-être que je vous ballade un peu avec mes électrons. Pas sûr, voilà en effet un phénomène cyclique à l'évidence à l'œuvre à l'échelle d'un continent entier qui vibre en même temps et qui danse sur le même tempo. Si l'on en croit les électrosensibles, cela devrait amener une certaine uniformisation. Eh bien, non, cela ne nous empêche pas de danser sur des airs différents et d'avoir des opinions sensiblement divergentes d'un bout à l'autre du même continent.

Dans les vrais phénomènes naturels, les courbes obtenues sur les graphiques de mesures ne sont pas de belles sinusoïdes régulières, mais des lignes brisées qui montent et qui descendent, avec un aspect qui a souvent l'apparence du chaos. Mais si l'on choisit avec soin les échelles de représentations dans les graphiques, l'on peut alors entrevoir des variations qui vont faire ressortir des alternances dans le temps. La régularité stricte est rarement là, certes, et une variation de l'échelle de représentation graphique permettra le plus souvent de faire alors apparaître d'autres alternances secondaires.

En d'autres termes, il y a dans les phénomènes naturels des combinaisons et des superpositions de cycles à l'œuvre. Il est très difficile de déterminer les différents cycles élémentaires plus ou moins réguliers qui contribuent à faire varier les paramètres des phénomènes mesurés.

On peut aussi distinguer dans nombre de phénomènes des moments où une courbe subit une brusque inflexion, sinon carrément une inversion. Ces effets de seuil sont souvent à constater. L'on peut formuler des hypothèse, sans que l'on puisse pour autant y apporter une explication effectivement démontrée. Il faut avoir l'humilité de bien vouloir l'admettre, sans pour autant invoquer des théories pour le moins aventureuses ; par exemple dans lesquelles l'effet de seuil pourrait être provoqué, disons, par le battement d'ailes marginal de papillons américains ou les régurgitations de ruminants alpins. Il y a dans les cycles naturels une inertie telle dans la quasi-obsession de poursuite de leur cycle, qu'il me semble qu'il faut beaucoup plus que cela pour déclencher un effet de seuil notable.

Cela montre au passage la puissance des forces impliquées dans la variabilité de ces phénomènes naturels.

Bien entendu, les cycles des phénomènes « naturels » ne concernent pas seulement les manifestations du monde minéral ou végétal. Nous les voyons à l'œuvre également dans le monde animal, et aussi dans le fonctionnement de nombre de nos processus vitaux.



Mise à jour le Jeudi, 14 Janvier 2016 20:12