Le Coranisme PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Francois Ghoche   
Vendredi, 13 Mars 2015 18:27

Les différents courants du Coranisme rejettent en général toute autre source que le Coran pour l'établissement des bases de la foi islamique.

Ils rejettent donc les autres sources retenues tant par les courants sunnites que chiites, qu'il s'agisse des hadiths (récits attribués aux contemporains du prophète), des récits sur la vie du prophète Mohammed (Sirat elNabi) ou d'autres composantes de l'argumentation par les savants (oulama') ayant amené la composition des différentes versions de la charia (loi théologique) selon les divers courants (mazhahib) religieux.

Les coranistes recherchent exclusivement dans le Coran les versets de base, considérés comme sources concluantes, d'une part, et ceux permettant d'apporter des précisions complémentaires, d'autre part. Ils considèrent que tant le prophète que les premiers califes ont prohibé le recueil de récits (hadiths). Les deux premiers califes (Abu Bakr et Omar) auraient d'ailleurs détruit ceux disponibles à leur époque, cela afin que le croyant ne se reporte qu'au Coran révélé. Ils soulignent en outre que les premiers recueils de hadiths considérés par les oulémas n'ont commencé à être compilés que plus de deux siècles après les faits, sous l'empire 'abbasside, ce qui en rend les témoignages fragmentaires et douteux.

Le coranisme est donc une démarche scripturaliste, qui me semble à rapprocher de celle du protestantisme pour ce qui concerne le christianisme.

L'une de ses caractéristiques fondamentales est de séparer le religieux du contexte politique qui l'a accompagné dès les premiers califes. Il en ressort la vision très différente d'une religion pacifique qui, contrairement aux visions tant sunnites que chiites, parait tout à fait compatible avec les visions modernes de la démocratie, de l'égalité et de la coexistence fraternelle entre les êtres humains de religions différentes.

Les coranistes sont en général considérés comme apostats par les oulémas des autres courants sunnites et chiites, essentiellement en raison de leur rejet de la charia.

J'ai choisi de traduire ici quelques éléments extrait du site web du groupe coraniste Ahl elQurân (les gens du Coran - mot à mot: famille du Coran). Celui qui le souhaite pourra poursuivre une recherche en partant de wikipedia (les articles en anglais sont plus complets tout en souffrant aussi de certains trous) pour suivre ensuite les références vers d'autres sources.

 


 

La liberté religieuse et la guerre des idées

par Ahmed Sobhi Mahmoud

Mercredi 14 juillet 2010


Premièrement: L'essence de la guerre des idées en résumé

1. L'utilisation du mot « guerre » peut provoquer un problème ici parce que nous parlons de la guerre des idées (une guerre pacifique) comme un substitut à la guerre militaire, ou un élément d’apaisement en ce qui la concerne qui limite l'utilisation de la force militaire seulement à la nécessité.

Il est dans la culture de notre temps dans lequel l'humanité a atteint un degré de civilisation et de pratique de la démocratie, des droits humains et de la paix, qui apporte avec elle la réalisation que la guerre n'est pas une solution aux problèmes dans tous les cas, mais que la guerre peut être la pire des solutions ou même être un problème en soi. L'humanité à notre époque souffre encore des souvenirs des deux guerres mondiales et de la mort de dizaines de millions de soldats et de civils, puis des guerres locales et régionales qui ont suivi en Corée, au Vietnam et au Moyen-Orient, et qui n'ont pas réussi à atteindre l'objectif poursuivi, qui est la paix, la tranquillité et l'harmonie entre les êtres humains, ainsi que l'éradication de la menace de nouvelles guerres.

2. Ainsi, L'utilisation du mot  « guerre » dans l'expression « la guerre des idées » est désagréable en conséquence de la mauvaise réputation véhiculée par le mot « guerre », mais nous sommes obligés de l'utiliser pour deux raisons:

- La première est que la guerre des idées contre les terroristes est la seule guerre pacifique qui interdise ou limite ainsi l'utilisation de la force militaire, et qui arrête ou limite les opérations de terrorisme et le meurtre de civils au hasard. Cela, alors que l'autre partie qui tue des gens innocents utilise quant à elle la guerre des idées pour le lavage des cerveaux des musulmans et pour les convaincre d'être des kamikazes qui se tuent eux-mêmes et tuent d'autres qu'eux sans discernement. En d'autres termes, notre guerre des idées a pour but d'apporter la paix et de sauver les victimes, y compris les kamikazes eux-mêmes, alors que la guerre des idées pour les terroristes a pour but le massacre aveugle d'innocents.

- La deuxième raison est qu'il s'agit d'une vraie guerre, mais d'un genre différent. Une guerre des idées intellectuelle, dans laquelle s'entre-choquent les idées et s'affrontent les indices et les opinions religieuses, historiques, culturelles et les jurisprudences. Il n'existe pas de dénomination plus appropriée pour cette lutte intellectuelle que le mot « guerre ».
Dans l'état actuel des choses, cette « guerre des idées » a lieu de concert avec une guerre militaire effective, mais la guerre des idées tente d'éradiquer ou de réduire les effets de la guerre armée pour sauver la vie des soldats des deux côtés ainsi que des civils des deux côtés également.

3. Ainsi, la guerre des idées contre le terrorisme diffère de la guerre militaire. La guerre militaire considère que l'autre partie est un ennemi qu'il faut tuer et dont il faut détruire toutes les infrastructures, tandis que notre guerre des idées ne considère pas l'être humain de l'autre bord comme un ennemi, mais elle s'oppose aux idées mauvaises qui le contrôlent et l'amènent à se sacrifier pour tuer les autres, croyant qu'il s'agit d'un djihad qui mérite l'éternité au paradis. La guerre des idées contre les terroristes a pour objectif de sauver les terroristes de ces idées fausses, et de les transformer d'ennemis en amis. Notre guerre des idées a également pour but de réformer les musulmans dans l'islam pour qu'ils adoptent la démocratie, la liberté religieuse et les valeurs de la justice, d'égalité, des droits de l'homme, de la tolérance, de la charité et de la paix, car elles sont l'essence même de l'Islam dans les relations entre les êtres humains. Cela a également pour objectif d'activer la majorité musulmane, qui se monte à environ un milliard et demi d'individus, pour qu'elle restaure ses droits usurpés par des dictateurs et qu'elle soit une force puissante pour le bien conformément à ce qui a été ordonné par l'Islam, et non pas pour qu'elle continue à rester soumise aux despotes corrompus et corrupteurs.

Les armes de la guerre des idées sont différentes des armes militaires. Les munitions de la guerre des idées sont la connaissance approfondie de l'Islam et des musulmans. L'emploi de ces munitions d'un type nouveau utilise le mot et l'image à travers les moyens de publication de livres, d'articles, de recherches, de l'internet, et par la diffusion en utilisant les chaînes de télévision. Les soldats de cette guerre des idées sont les savants intellectuels de l'islam, qu'ils soient partisans du terrorisme et des extrémistes pour l'autre parti, ou bien des partisans de la paix et de la réforme, comme c'est le cas dans notre camp.

Le champ de bataille unique est constitué de l'intellect de l'être humain musulman et de son cœur. Nous essayons d'enseigner et de faire prendre conscience au musulman des vérités oubliées de l'Islam. Nous essayons de gagner son intellect et son cœur et de le réformer pacifiquement et de l'intérieur de l'Islam, alors qu'ils imposent au musulman leur charia wahhabite et la culture de l'esclavage et du jihad dans le sens de tuer ceux qui diffèrent sur la religion ou le courant confessionnel.

Cela se manifeste par le jeune homme qu'ils instrumentalisent avec leur guerre des idées pour qu'il soit un kamikaze, remplissant son cœur de la haine de l'autre et de la nécessité de le tuer, le convainquant à travers leur héritage wahhabite ou chiite extrémiste de se faire exploser pour tuer d'autres en agression injustifiée. Notre guerre des idées quant à elle tente de la sauver en le convainquant par le Coran que le fait de se tuer lui et les autres n'est autre qu'une d'hostilité totale envers Dieu le Tout-Puissant, Son prophète et l'Islam, et que le faire le vouerait à la malédiction et l'éternité dans le feu au jour de la résurrection.

Deuxièmement: Les obstacles à l'application de la liberté religieuse en Égypte et dans le monde musulman


La mise en œuvre de la liberté religieuse dans les pays arabes et musulmans rencontre deux obstacles: la culture du fanatisme religieux et le pouvoir dictatorial, les deux étant interdépendants.

- Le courant religieux fanatique (avec son parent soumis au pouvoir par l'intermédiaire des organismes religieux), envieux d'arriver au pouvoir (par exemple les Frères Musulmans et leurs organisations ouvertes ou secrètes) persécute ses adversaires en religion (par exemple les Coptes) et ses adversaires dans la doctrine (chiites, coraniques et Baha'is en Égypte et Arabie Saoudite, sunnites en Iran).

- Et le régime autoritaire surenchérit par rapport aux extrémistes religieux en se faisant plus religieux qu'eux et par conséquent plus fanatique qu'eux conformément à la religiosité fanatique ambiante.

Il est dans l'intérêt du dictateur arabe ami de l'Occident que la culture de l'extrémisme religieux se répande, pour plusieurs raisons:

1. Effrayer l'Occident à l'étranger et effrayer les mouvements laïques civils à l'intérieur en ce qui concerne le danger posé par l'extrémisme et en faisant valoir qu'il est capable d'écraser l'extrémisme. Ainsi, tant que l'extrémisme existe, il est le spécialiste pour s'opposer à lui. En d'autres termes, il a besoin de la présence de l'extrémisme et de sa culture religieuse comme une excuse pour être au pouvoir. Donc, il protège la culture de l'extrémisme et la répand en même temps qu'il pourchasse tout mouvement armé des extrémistes menaçant son pouvoir. De même qu'il persécute toute discussion libre de l'idéologie de l'extrémisme religieux à l'intérieur de l'Islam démontrant sa contradiction avec l'islam, et ceci est la raison la plus importante pour la persécution des Coranistes.

2. Le courant extrémiste religieux ne peut pas être concilié avec la démocratie. Son crédo politique prend sa source dans son crédo religieux, fondé sur le droit du gouvernant au nom de la religion pour contrôler les gens. Par conséquent, il est plus facile pour un gouvernant tyrannique d'employer la même mentalité tyrannique plutôt que d'employer la mentalité démocratique qui ne voit dans le gouvernant qu'un serviteur du peuple.

Il y a aussi le fait qu'il ne peut pas accepter la transparence parce que la culture du tyran oriental et la culture de l'extrémisme religieux coutumières considèrent que le gouvernant possède la richesse et le pouvoir, ou pour reprendre une formulation traditionnelle « il possède la terre et ceux qui y vivent », sans avoir de comptes à rendre. Il n'est pas responsable de ce qui a été dépensé et de ce qui est empoché comme fonds. Étant forcé de mettre en place un décor démocratique, ce tyran oriental prend garde à ce que les assemblées représentatives fassent office de simples secrétariats, les constituant par des élections truquées, afin qu'elles applaudissent, hululent et dansent dans ses cortèges. Les extrémistes concurrents du gouvernant tyrannique estiment qu'ils ont plus de mérite que lui de posséder la richesse et le pouvoir, et d'exploiter le peuple au nom de la religion. Conformément à cette collusion dans la tyrannie et la corruption ils ne peuvent pas se réconcilier avec la démocratie et la transparence, que nous prônons quant à nous, peuple du Coran (NduT: Coranistes) car il s'agit de l'essence de l'islam et de ses lois oubliées.

3. L'extrémisme religieux permet au dictateur de jouer de la division entre les citoyens d'une même nation par la religion et la doctrine. Pour cela le tyran œuvre à transformer l'intolérance religieuse en conflit religieux et mouvements de violence qui retombent sur les minorités et autres courants religieux et dont elles sont victimes, les contraignant à recourir au tyran pour les protéger contre les attaques de la majorité. Le tyran a généralement recours à des solutions superficielles, ce qui aggrave la violence et la perpétue, puisque le discours religieux des fanatiques reste dominant dans les médias, la culture et les établissements d'enseignement. Tant que dure le bourrage de cranes fanatique religieux et tant qu'il génère des mouvements de violences sectaires, le tyran est rassuré parce qu'ils sont occupés et détournés de la résistance à sa tyrannie par leurs conflits et leurs différents sectaires.

Ainsi, malgré le conflit politique et parfois militaire entre le tyran et le courant religieux fanatique qui aspire à accéder au pouvoir, ils se tiennent ensemble, unis contre la réforme religieuse et politique, et contre les réformateurs religieux et politiques.

La liberté religieuse étant la pierre angulaire de la réforme religieuse elle figure en tête de la liste des interdictions pour le gouvernant tyran et pour le courant religieux fanatique. Le gouvernant tyran s'assurant le monopole du pouvoir et de la richesse et étouffant le mouvement de réforme à l'intérieur du pays, la seule issue pour la réforme et les réformateurs est dans la communauté internationale, les Nations Unies et les États-Unis d'Amérique, en particulier avec des organisations spécialisées, en tête desquelles la délégation américaine pour la liberté religieuse dans le monde.

Troisièmement: La guerre des idées est la solution

1. Étant donné que les guerres militaires ne peuvent changer les cultures religieuses extrémistes et assurer l'implantation d'idées réformistes, la seule alternative disponible est une guerre des idées, qui bénéficie de la transformation du monde en un village planétaire où les distances sont éliminées et où il est possible d'avoir un accès direct aux cerveaux par l'intermédiaire des chaînes par satellite, des stations de radio et des sites de l'internet.

2. Malheureusement, les extrémistes wahhabites ont commencé à utiliser la guerre des idées contre l'Amérique et l'Occident depuis les années cinquante du siècle dernier, puis les extrémistes chiites les ont suivis depuis 1979, et ils savent tous deux comment utiliser la guerre des idées pour la propagation de la haine de l'autre en religion et propager l'intolérance et l'extrémisme religieux. Par la guerre des idées ils ont infiltré l'Occident et l'Amérique, où ils lavent le cerveau des communautés musulmanes en Amérique et en Occident afin de les utiliser comme une cinquième colonne. La propagation de l'extrémisme religieux chez les musulmans en Occident est devenu un phénomène ressenti, résultant en mouvements terroristes entrepris par des Américains musulmans civils et militaires, ce qui est une preuve concluante de la réussite de l'extrémiste wahhabite dans la mise en œuvre de la guerre des idées contre l'Occident depuis le début des années cinquante.

3. Donc, ce qui est attendu de l'Occident - et de l'Amérique en particulier - est de mettre en œuvre une contre-guerre des idées, réalisée par des musulmans consacrés à leur religion et aux valeurs élevées qui relient l'Islam à la culture américaine et occidentale de liberté religieuse, de justice, des droits de l'homme, de démocratie et de tolérance religieuse, et ils ont l'expérience et la capacité à vaincre les extrémistes en matière d'idées et d'Islam et de prouver la contradiction de l'extrémisme et du terrorisme avec la religion de l'islam dans ses convictions, sa loi et son éthique. Tout cela est apporté par les Coranistes qui mènent une guerre des idées sans relâche contre le wahhabisme depuis les années quatre-vingt du siècle dernier, et ils y réussissent puisque les extrémistes et les dictateurs ne trouvent de façon de leur répondre que par la persécution, l'emprisonnement, la torture et les condamnations à mort et à l'apostasie (NduT: takfir). En d'autres termes, les extrémistes et les dictateurs s'unissent lorsqu'il s'agit de faire face au Coranistes, mais même ensemble ils ne trouvent pas d'arguments à opposer aux Coranistes et ils ont donc recours à la violence et à l'utilisation de la force. Chaque camp utilise le potentiel dont il dispose, les Coranistes utilisant la connaissance de l'Islam et leur expérience dans le recours à l'Islam contre ses adversaires, et les extrémistes utilisent leur pouvoir, leurs relations et leurs moyens illimités dans la persécution des Coranistes qui sont privés de protection et de moyens matériels.

Cela exige une coopération entre l'Amérique et les Coranistes contre l'ennemi commun; que l'Amérique assure aux Coranistes la protection et les facilités nécessaires, les Coranistes consacrant leur vie et leur temps à la guerre des idées sur l'internet, la télévision par satellite, les créations dramatiques et les programmes de télévision, dans toutes les langues parlées par les musulmans, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Amérique.

4. Le coût nécessaire pour entreprendre la guerre des idées en un an est inférieur au coût de la guerre en Afghanistan et en Irak pour une seule heure !.. Bien qu'il n'y ait pas de victoire dans un avenir prévisible pour l'Amérique en Irak et en Afghanistan, avec tous les coûts induits par ces guerres armées, la victoire est par contre certaine en utilisant la guerre des idées sans guerre militaire.

5. En fait, la guerre des idées est la solution idéale, non seulement pour la diffusion de la liberté religieuse dans la confrontation des extrémistes, mais aussi pour la confrontation de la tyrannie, par l'enseignement de la démocratie et de sa culture. Ainsi, il est indispensable d'enseigner la démocratie avant de l'imposer aux gens.

En réalité les États-Unis ont fait une erreur en utilisant la guerre armée avec les musulmans en Irak et en Afghanistan, et avant cela en Somalie et au Liban...

A présent la seule guerre qui convienne est la guerre des idées, conduite sous la protection de la force militaire des États-Unis et la crainte de son utilisation, sans avoir recours à elle.

Nous avons déjà évoqué le fait que la guerre des idées nécessite une force militaire qui la soutienne et qui défende ceux qui l'entreprenne. Le point faible des Coranistes - experts dans la guerre des idées contre le fanatisme - est qu'ils dépourvus de protection et de moyens matériels.

6. Il est regrettable que l'Amérique ignore complètement la lutte des Coranistes dans la guerre des idées contre l'extrémisme.
Il est également regrettable qu'en dépit de tous ses moyens l'Amérique n'ait pas un seul site web sur l'internet qui affronte les dizaines de milliers de sites web extrémistes qui répandent l'idéologie d'Al-Qaïda et aident ben Laden dans le recrutement d'agents ainsi que la récolte de fonds et l'aide à la formation des terroristes et des kamikazes.

Il est regrettable que le seul site web sur l'internet qui défende l'Amérique contre les extrémistes soit le site du peuple du Coran.

Il est regrettable que le seul centre islamique qui se consacre à organiser la guerre des idées contre les extrémistes en défendant les valeurs de l'islam - qui sont les mêmes que les valeurs américaines - soit le Centre mondial du Coran, qui est un centre américain dans l’État de Virginie, organisation à but non lucratif habilitée à recevoir des dons déductibles des impôts. En dépit de la réputation considérable de ce Centre en tant que représentant du mouvement coranique dans le monde islamique, et qui publie le site web "ahl-alquran" (NduT: les gens du Coran – www.ahl-alquran.com), le Centre et le site web sont totalement ignorés par les décideurs politiques américains et leurs organismes officiels.

Cela en dépit de toutes les tentatives de communication et des efforts que nous avons faits à Washington depuis 2002.

Tout ce que les Coraniques on obtenu de l'Amérique et de l'Occident se résume à quelques lignes dans les rapports sur la liberté religieuse et les droits de l'homme, évoquant la persécution dont il font l'objet, sans prendre la peine de mentionner les causes de la persécution, c'est à dire la lutte pour la défense des libertés et des valeurs élevées ainsi que leur opposition à l'extrémisme et à la tyrannie.

7. Cette position américaine consistant à ignorer les Coranistes et leur lutte, et à ignorer la guerre des idées depuis Juin 2002 et jusqu'à présent (Juin 2010) mérite une analyse. Prenons rendez-vous dans un an - si nous sommes encore en vie.

Dans l'administration Bush j'ai fait parvenir les projets de guerre des idées dans le cercle étroit des conseillers entourant les décideurs américains les plus importants de la Maison Blanche. Et j'ai perdu espoir.

A présent, au moment de la rédaction de cet article, mercredi 14 Juillet 2010, les informations concernant mes projets pour la guerre des idées sont parvenues au cercle entourant le président Obama. Comme cela s'était passé avec l'administration Bush je n'ai pas reçu de réponse. Avec l'administration Bush, certains conseillers m'ont rencontré et écouté, mais cela ne s'est encore produit avec aucun des conseillers d'Obama.

Mais je garde encore l'espoir en fonction de l'esprit d'ouverture du président Obama et de son accueil pour les idées nouvelles, et quelles que soient les difficultés pour arriver à accéder au président personnellement, il y a espoir. Et pour que ce ne soit pas un espoir en vain j'attendrai un an de plus, un délai pour l'administration du président Obama, puis j'écrirai ensuite une évaluation pour son administration et une analyse du rejet américain de la guerre des idées après une lutte sans résultat pendant dix ans.

Dans une de mes lettres au président Obama, à laquelle je n'ai pas reçu une réponse, j'ai écrit:

- Combien de temps nous faudra-t-il pour convaincre l'Amérique de nous aider à vaincre Al-Qaïda et les autres terroristes dans la guerre des idées?
- Combien de milliers de vies et de milliards de dollars l'Amérique perdra-t-elle pour que les décideurs politiques américains soit convaincus de mener une guerre des idées?
- Qui sera responsable de ces pertes d'argent et de vies?

Au bout d'un an, j'écrirai mon témoignage pour l'Histoire si je n'ai pas reçu la réponse souhaitée.

En conclusion:

Dans tous les cas nos recommandations pour les décideurs américains restent les suivantes:

1. La campagne pour la liberté religieuse entre les musulmans ne peut être séparée de la campagne pour la démocratie, la liberté et la justice, et ne peut être menée sans prendre position contre l'extrémisme religieux et la tyrannie politique. L'ensemble constitue une seule réforme dont l'une ne peut être séparée de l'autre.

2. Ceci nécessite l'utilisation de la guerre des idées à la place de la seule intervention militaire.

3. L'utilisation de la guerre des idées nécessite un changement dans la mentalité des décideurs américains. Elle nécessite aussi un changement fondamental dans la politique américaine dont l'axe consisterait pour l'Amérique à rechercher l'amitié des peuples arabes, et non pas de s'allier avec les tyrans arabes détestés par leur peuple, ce qui lui fait occuper une position d'hostilité vis à vis des peuples pour plaire à quelques individus parmi les gouvernants criminels.

Ceux-là doivent être traduits en justice et traités comme des criminels de guerre et auteurs de crimes contre l'humanité, et les rapports des organisations internationales et américaines des droits de l'homme ainsi que des Nations Unies en sont la preuve. Comment l'Amérique peut-elle traiter avec eux en tant que véritables présidents et rois? Comment peut-elle traiter avec Moubarak comme elle traite avec le président français? Comment peut-elle traiter avec Abdallah de Jordanie ou d'Arabie Saoudite comme elle traite avec les monarques constitutionnels européens? Il y a une différence entre un Président qui a été élu par son peuple pour travailler au service de son peuple et un gouvernant qui asservit son peuple et l'opprime, qui utilise la torture pour le terroriser, qui transforme la nation en une grande prison et remplit le pays de jardins de fosses communes cachés.

L'alliance de l'Amérique avec ces criminels n'est pas seulement contre les intérêts immédiats et futurs de l'Amérique (et nous pouvons écrire sur ce sujet plus amplement plus tard) et non seulement contre les valeurs américaines et l'esprit de la Constitution des États-Unis, mais aussi contre le slogan américain qui est enseigné à chaque enfant américain et qu'il déclame tous les matins à l'école avec le salut du drapeau: "et la justice pour tous".

La réalité douloureuse est qu'avec le changement des circonstances l'Amérique n'a pas changé sa politique élimée avec les Arabes et les musulmans depuis la guerre froide. C'est ainsi que la politique américaine est en proie à l'échec à l'étranger (Irak, Afghanistan, Somalie, Palestine, etc.) et même sur le plan interne, puisque la chaîne américaine "Free" de langue arabe - créée pour faire campagne pour la liberté et la démocratie dans le monde arabe - est un échec complet car elle prend en compte les gouvernements arabes mais aucun peuple arabe, et ce parce qu'elle est soumise à la politique américaine. Il ne s'agit pas d'un canal « libre » comme son nom semble l'indiquer.

Parmi les témoignages de l'échec chronique de la politique américaine figure le fait qu'il a été donné des aides s'élevant à environ une centaine de milliards de dollars à Moubarak en Égypte, que Moubarak a employé pour diriger la frustration et la colère égyptienne vers l'Amérique au lieu  que le mécontentement s'oriente contre lui personnellement, la haine de l'Amérique s'est développée en Égypte en proportion de ce que l'Amérique a dépensé comme fonds qui se sont perdus dans les poches de Moubarak et de ses complices corrompus, des poches qui n'ont pas de fond..

Puis les américains se demandent ébahis: Pourquoi nous haïssent-ils?

La réponse tient en deux raisons, nous les reconfirmons:

1- Vous menez des guerres militaires dans des domaines où seule la guerre des idées est efficace.
2- Vous vous alliez avec le plus grand ennemi des peuples arabes, le tyran arabe, un animal prédateur dont la survie repose sur quatre pattes:
• La persistance de son appropriation des forces militaires et de police sans limites, et leur orientation durement et sans limites pour terroriser les peuples dépourvus d'armes pour se défendre.
• La persistance du conflit arabo-israélien et du conflit palestino-israélien en suspens.
• La croissance importante et sans restrictions de la marée du terrorisme.
• La persistance du soutien américain sans limites pour les dictateurs.

Pour terminer

Je sais que ce que j'écris ne plaira pas aux américains, ne plaira pas aux alliés de l'Amérique et ne plaira pas à ceux qui détestent l'Amérique. Ma consolation est que j'écris mon témoignage pour l'Histoire, pour qu'il soit considéré par nos enfants dans le milieu du XXIe siècle.


Le texte original en arabe de cet article a été extrait de l'adresse web suivante le 11/02/2015:
http://www.ahl-alquran.com/arabic/printpage.php?doc_type=1&doc_id=6744


 

Texte traduit d'un extrait décrivant la démarche du Dr. Ahmed Sobhi Mahmoud, fondateur du courant Coraniste publiant le site web: Ahl elQurân


L'approche intellectuelle de D. Mansour dans l'appel à la réforme religieuse


Dans son article « L'islam est une religion de paix » le cheikh Ahmed Sobhi Mansour a exposé son approche intellectuelle et ce qui la distingue des autres. Il a écrit qu'il existe deux visions de l'islam:

Une vision de l'Islam à travers sa source divine, qui est le Coran. La méthodologie de cette approche est de comprendre le Coran à travers sa terminologie et son langage, car le Coran a son propre langage, qui est différent de la langue arabe. La langue arabe - comme toute langue - est une créature en mouvement, dont la terminologie et le sens des mots diffèrent en fonction du temps et du lieu, ainsi qu'en fonction des courants et des doctrines intellectuelles, et en fonction des communautés.. Par conséquent, celui qui veut connaître l'Islam à travers sa source divine - le Coran - doit s'astreindre à la langue coranique, puis commencer sans aucune idée préconçue à rechercher sur le sujet désiré à travers chaque verset du Coran ceux qui s'appliquent indiscutablement de façon concluante et très clairement. Il s'agit alors des versets source de droit. Ou alors ceux qui abordent des détails du sujet, de ses explications et de ses interactions. Il s'agit dans ce cas de versets de similitude. Il arrive alors à l'opinion concluante, que confirme tous les versets du Coran. Il s'agit là de la vision coranique de l'islam.

La deuxième vision de l'islam est la vision humaine héritée, qui est de considérer l'Islam à travers de multiples sources, y compris le Coran, les hadith attribués au prophète, les contes concernant les raisons de la descente de versets, et les déclarations des juristes et commentateurs.. Il est normal de trouver des points de vue opposés, et chaque partie recherche dans les versets du Coran ce qui la soutient en déplaçant le verset hors de son contexte, et en l'analysant selon les termes de l'héritage et de ses concepts. Il est naturel que cette compréhension de l'islam soit contraire à la vérité de l'Islam ainsi qu'avec la vision Coraniste. De cette seconde vision sont issues les jugements (NduT: fatwas) qui amènent à accuser l'islam de terrorisme, de violence, d'arriération et d'extrémisme.

Il est clair qu'ils (NduT: les  Coranistes) mettent une ligne de démarcation nette entre l'Islam - qui est vu par le Coran seulement - et les musulmans, leur Histoire, leur héritage, qu'ils soient attribués au prophète Mohammed sous la forme de hadiths ou bien attribués à leurs véritables auteurs. Parce qu'ils contestent la proportion de ces hadiths attribués au prophète Mohammed et que nous les critiquons vigoureusement, les conservateurs parmi les cheikhs d'al-Azhar, les salafistes et les wahhabites les ont accusés de contester la Sunna prophétique.

Ainsi, son approche réformiste pour la réforme des musulmans  repose sur l'Islam au moyen de la lecture du Coran et de son analyse en conformité avec sa terminologie, ainsi que le jugement par le Coran en ce qui concerne les livres hérités du patrimoine, qui prétendent à la sanctification, et que le cheikh Mansour considère comme étant à la base de l'extrémisme, de l'intolérance, du dogmatisme et du terrorisme. Son audace dans la critique est justifiée par sa vaste connaissance des sciences du patrimoine et des outils de recherche dans les études islamiques (NduT: ijtihad) et de sa connaissance des finesses de la langue arabe, de son évolution, et de la variation de la terminologie à travers les âges et selon les sectes, les groupes et les courants.

L'approche intellectuelle réformiste du cheikh Mansour a également recours à l'Histoire des musulmans, par une lecture critique, en tirant parti de sa spécialisation en tant qu'historien islamique diplômé du Département d'Histoire islamique à l'Université d'Al-Azhar, département dans lequel il a enseigné jusqu'à son exclusion de l'université. Il procède parfois à l'analyse de la réalité sociale dans des essais politiques et sociaux. Par conséquent, l'on peut classer ses écrits réformistes en termes d'approche en écrits juridiques, écrits historiques, écrits qui combinent le juridique et l'historique, et écrits sociaux.

En ce qui concerne le domaine des écrivains réformateurs, nous observons le cheikh Ahmed S. Mansour ouvrir un sujet particulier en clarifiant la différence entre la vision coraniste et les croyances salafiste. Il peut résulter de cette intermédiation une attaque à son encontre, et il procède alors à une réponse à l'attaque. Certains de ses écrits réformistes peuvent commenter une question soulevée ou un débat agité en cours. Il en résulte une autre classification de ses écrits: des écrits d'intermédiation, des écrits en réponse à des attaques, et une troisième regroupant les commentaires dans des affaires sujettes à débat.


Le texte original en arabe de cet article a été extrait de l'adresse web suivante le 11/02/2015:
http://ahl-alquran.com/arabic/ahmed_mansour.php


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(cc) La traduction française par J. François Ghoche est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
Les extraits originaux sont © de leurs auteurs respectifs (cf. leur site web).
Cet article est publié sur le site web www.aton.fr.

Mise à jour le Samedi, 14 Mars 2015 13:45