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7-11 janvier 2015 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Francois Ghoche   
Lundi, 12 Janvier 2015 21:57
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7-11 janvier 2015
Religions
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7-11 janvier 2015: actes de guerre civile et prise de conscience

Des agressions et assassinats à l'arme de guerre en France ont été à l'origine d'une intense émotion et d'une réaction collective largement partagée d'union dans le refus de cette nouvelle escalade.

Avec du recul, il peut paraître surprenant que les événements aient pris une telle ampleur, alors que des attentats ayant fait plus de victimes au cours de ces dernières années n'avaient pas réussi à déclencher un tel mouvement collectif.

Outre le fait qu'il ne s'agit plus de "simples" attentats, mais bien d'actes de guerre civile, il semblerait que le moment soit venu d'une prise de conscience collective plus large.



Cette prise de conscience ne se conçoit sans doute pas dans les mêmes termes selon les individus, selon leurs appartenances, leurs idées, leurs parcours préalables et leurs situations actuelles, certes. Mais il y a en commun la prise de conscience qu'un simple laisser-faire n'est pas acceptable devant la dérive des événements et l'évolution des guerres régionales en une guerre mondiale rampante.

Cette évolution a été voulue, préparée, lancée méthodiquement par des manipulateurs polico-religieux depuis plusieurs dizaines d'années. Il n'est pas dans mon intention d'en analyser les éléments ici. Il y a à présent suffisamment de sources d'information à ce sujet.

Bien entendu, cela ne nous exonère pas de la nécessité de considérer les failles de nos sociétés et d'en corriger les défaillances.

Néanmoins, permettez-moi de penser que les individus qui se laissent embrigader aujourd'hui présentent un profil étonnamment comparable à celui de ceux qui se laissaient entraîner par les idéologies totalitaires du vingtième siècle. La différence fondamentale est que celles-là étaient athées et que celles-ci sont à fondements religieux, bien entendu. Mais il peut être intéressant de réfléchir et méditer sur les causes en termes d'analogies, sans trop se laisser entraîner dans le détail poussé des comparaisons pour autant.

Il me semble que dans la succession et l'enchevêtrement des cycles que l'humanité doit traverser, le moment soit venu de régler ces vieux problèmes qui véhiculent autant de haines qu'il y a de poussières accumulées sur des innombrables couches sédimentées de vieilles doctrines, qui ont sérieusement besoin d'être actualisées.

Ce n'est pas le cas d'une seule école de pensée, loin de là. Cependant certaines d'entre elles ont déjà effectué un chemin plus important que d'autres dans cette direction.

Pour en revenir aux événements actuels et aux cibles choisies par les abrutis armés, nous dénombrons des journalistes, assassinés pour n'avoir pas respecté les positions doctrinales de certains, des policiers, parce qu'ils faisaient leur métier de protection publique, des clients d'un supermarché, en raison de leur appartenance religieuse.

Je n'ai pas de sympathie particulière pour les positions du média de presse concerné, dont le mauvais goût a cessé de m'intéresser depuis le milieu des années soixante-dix. Mais j'ai grandi à une époque où la liberté de la presse était suffisamment rare pour apprendre à en apprécier la valeur, en dépit des différences d'opinions et de goût.

Les policiers faisaient leur métier, certes, mais ce n'est pas une raison pour les assassiner. Il faut souligner leur courage et l'importance de leur rôle pour maintenir notre société hors de l'anarchie où d'aucuns voudraient l’entraîner. Je soulignerai de plus au passage qu'achever un blessé à terre est un acte d'une lâcheté abjecte et que taxer celui qui l'a accompli d'héroïsme suffirait déjà en soi à déconsidérer ses commanditaires.

Il reste enfin le meurtre de simples clients inconnus apparemment parce que leur simple appartenance religieuse les rendait condamnables aux yeux de l'abruti armé et blindé. Il est évident que cela est inacceptable, tant sur le fait qu'en ce qui concerne le raisonnement, ou son absence, qui a pu y conduire.

Sur ce point particulier, cependant, il faut rappeler qu'il y a importation des conséquences d'un conflit séculaire, dont je considérais déjà dans les années soixante qu'il resterait insoluble tant que l'état d'esprit des belligérants n'aurait pas évolué. Il est évident que ce n'est toujours pas le cas. Ceux qui ont tenté de le faire évoluer des deux côtés jusqu'à présent ont été neutralisés, dans le meilleur des cas, ou assassinés le cas échéant, tels dans des exemples marquants au siècle dernier.

Quoiqu'il en soit, j'ai donc tapissé le fond de mon site web du "Je suis Charlie" qui a été le symbole de ralliement du refus, dans l'union de la diversité.

A présent, il sera dans les jours et les mois qui viennent de la responsabilité de ceux qui ont accepté d'occuper des postes décisionnaires de s'atteler à tenter de résoudre les causes à l'origine de ces événements dramatiques. Je veux parler ici de la France et de l'Europe.

Les causes plus particulièrement liées aux aspects doctrinaux de certaines branches religieuses à l'origine des conflits générateurs de l'intention de guerre civile mondiale ne pourront, quant à elles, être traitées que de l'intérieur à ce qu'il me semble. Tant que les assujettis à ces doctrines enkystées n'auront pas contraint leurs théologiens à la réforme, ou ne s'en seront pas libérés eux-mêmes le cas échéant, je crains fort que les abrutis ne continuent à être recrutés et manipulés.

Pour ce qui nous concerne tous, il ne faut pas négliger l'importance de la prière pour aider à la mise en place des conditions favorables à des processus de pacification.

Quelle que soit la forme extérieure ou intérieure qu'elle puisse prendre, selon les pratiques de chacun, la prière authentique, de récitation, méditation, rituel, chant ou autre, doit avoir pour effet de créer un élan d'amour vers le Divin, qui rend possible l'expression de l'inspiration supérieure pour l'émergence de solutions constructives, ainsi que la communion entre les tenants d'opinions apparemment divergentes.

Pour terminer, je proposerai à ceux qui ne les ont pas reçus par ailleurs, l'expression de mes vœux pour l'année 2015:

 

Il faut désirer que le meilleur advienne

En attendant vivre le présent du jour

Toute chose a sa raison d'être


Je précise si besoin est que le désir est le moteur de l'action, parce qu'il en met en place des causes et en fait une nécessité recherchée. Cependant, l'existence doit se vivre ici et maintenant, quelles qu'en soient l'actualité des circonstances. Quant au troisième point, il souligne la nécessité de tenter de comprendre les causes, par delà les circonstances immédiatement apparentes, en considérant le passé de l'enchevêtrement des Histoires des groupes humains, autant que des aboutissements présents pour chacun.

Je vous souhaite donc le meilleur à désirer !

 


 

"Allo ! oui; une remarque sur mon article ? Je ne fais nulle part référence explicite aux religions concernées... c'est vrai... ça ne m'apparaissait pas nécessaire, mais à la réflexion je vais compléter; merci !"

Alors voilà...

Lorsqu'elle est abordée, la question des religions ramène inéluctablement dans des lieux communs, où le politiquement correct, la langue de bois et les invocations de tolérance de bon aloi se veulent réponse à des attitudes de rejet, d'amalgame, sinon d'agressivité même.

Comme je ne brille pas dans le premier groupe et que je ne pratique pas du tout le second, je vais aborder le sujet différemment, par le bout de ma propre lorgnette panoramique.

J'estime que ma religion c'est comme les parties de mon corps et de mon âme que je ne dévoile pas à tous les regards: ça ne regarde que moi. J'ai la chance et le privilège de vivre dans un pays doté d'une législation laïque qui me garantit le droit à ne pas avoir à exposer une étiquette religieuse, ni à connaître celle de mes interlocuteurs si je le souhaite. Cela évite notamment que les échanges humains soient passés au filtre de préjugés et de lieux communs abscons ayant inévitablement laissé des traces depuis des générations innombrables.

Je souligne que j'ai utilisé le mot "privilège". En effet, j'ai par ailleurs grandi dans un pays où la religion est systématiquement inscrite sur les documents d'identité officiels. Je sais de quoi je parle. Les relations entre les gens et avec les autorités publiques s'y effectuent, bon gré malgré, à l'aune de ces étiquettes.

Et alors ?! me diront peut-être certains. Les effets de bords sont pluriels. Il faut s'en tenir aux plus marquants.

Tout d'abord, l'inventaire des religions reconnues y est forcément réducteur. Il n'est pas possible de déclarer librement adhérer à une foi qui ne figure pas sur une liste agréée, même si la législation l'autorise en théorie. Il vaut mieux d'ailleurs s'en abstenir. Les conséquences du choix d'une étiquette ou d'une autre sont réelles dans les circonstances de la vie quotidienne et administrative. La preuve ? Eh bien tout simplement le fait que je ne vous en dirai pas plus ici afin de ne pas risquer de me placer dans la position d'enfreindre quelque règlement de mon second pays.

Ensuite, cela entraîne une sujétion de facto aux religions reconnues "officiellement". Les dirigeants de ces principales entités se réunissent et sous couvert de tolérance et de "consensus", il est attendu que les "fidèles" de chaque "appartenance" se comportent selon les canons convenus comme les gouvernant. C'est à dire, s'y soumettent. Ai-je besoin d'élaborer plus avant sur des thèmes comme "tartuferie", "hypocrisie", "aliénation", notamment ?

Pour rétablir la liaison avec notre sujet d'origine, et pour utiliser enfin les mots que certains attendent, je dois affirmer qu'à mon avis il n'y pas un "Islam", pas plus qu'un "Christianisme" ou un "Judaïsme" (etc.).

Voilà qui permet de traiter efficacement le faut problème des "phobies", n'est-ce pas...

Il y a en effet dans chacune des religions mentionnées (et des autres) de multiples courants, appartenances, tendances, écoles et autres chapelles. Leur point commun ? Elles veulent toutes, sans exception, présenter un visage unitaire vis à vis du monde extérieur à leur étiquette religieuse au sens large, tout en cultivant leur différence et leur spécificité face aux autres en interne. L'Histoire est pleine de ces luttes prétendument "fratricides" entre factions s'estimant détentrices d'une légitimité plus "lumineuse" que celle de leurs compétitrices.

Certains de ces courants sont réellement source de fraternité et de dialogue constructif. Mais d'autres entretiennent des idées et des doctrines dans lesquelles la sujétion du reste de l'humanité à leur joug et à leur pouvoir sont une obligation pour leurs membres, dont les horreurs mêmes peuvent être codifiées et justifiées.

Pour ce qui est de cette seconde catégorie, j'appelle cela un projet totalitaire et fascisant.

Les sociétés des êtres humains qui ont déjà pris conscience de ces dangers doivent se protéger de ce nouveau fascisme en action. Certes, non pas en retombant elles aussi dans les vieux démons que des générations précédentes ont réussi à éradiquer, mais dans un effort patient mais ferme d'affirmation de ses valeurs et de défense de ses institutions. Ce qui n'empêche pas pour autant d'améliorer ces dernières, bien entendu.

Pour ceux qui tiennent à éviter les amalgames concernant leur étiquette religieuse particulière, y a-t-il une autre voie que travailler à la réforme, sinon à l'éradication, des courants fascistes de leurs propres environnements ?

Pour terminer sur ce thème, voici la traduction d'un discours prononcé par le président El-Sissi devant les autorités religieuses de l'Azhar, au Caire, le 1er janvier 2015. Je ne ferai d'autre commentaire que celui de mon espoir que l'aboutissement inéluctable de ce type de mouvement voit ses effets se matérialiser dans un avenir proche plutôt que lointain.

j'ai ajouté en fin de ce document quelques informations sur les différentes subdivisions des principales étiquettes religieuses en présence.

 


 

Lien externe vers la vidéo de l'extrait du discours (en langue arabe)

Traduction partielle du discours:

<....>

Je parle ici des gens de religion et de ceux qui y exercent des responsabilités.

Nous devons nous interroger beaucoup, nous interroger beaucoup, et j'ai déjà parlé de ce sujet auparavant plusieurs fois. Nous interroger beaucoup sur la situation dans laquelle nous sommes. Il n'est pas logique que notre croyance que nous considérons comme sainte entraîne cette nation (ommah) toute entière à être source d'anxiété, de danger, de tuerie, de destruction dans le monde entier.

Ce n'est pas possible que cette croyance, je ne dis pas la religion, je dis cette croyance qui a été sanctifiée, des textes et des idées qui ont été sanctifiés au cours de centaines d'années, au point qu'en sortir est devenu très difficile, au point qu'elle agresse le monde entier, qu'elle agresse le monde entier. Est-ce à dire que 1,6 milliard d'individus vont tuer le reste du monde qui fait 7 milliard pour vivre? C'est impensable.

Ces paroles je les dit ici à l'Azhar, devant les hommes et les savants en religion. Sur Dieu je vous jugerai le jour du jugement devant Dieu le Puissant et le Suprême sur ce dont je vous parle en ce moment.

Il n'est pas possible que tu t'en rendes compte en étant en toi-même. Il n'est pas possible que tu t'en rendes compte en restant en toi-même. Il faut que tu en sortes et que tu le considère de l'extérieur, et que tu y consacre une réflexion réellement éclairée. Il faut s'y atteler avec force.

Je le dit nouveau, nous avons besoin d'une révolution religieuse. (applaudissements)

Vous êtes responsables devant Dieu. Le monde entier attend de vous, le monde entier attend votre parole. Parce que cette nation (ommah) est déchirée. Cette nation est en destruction. Cette nation est en perdition, et cette situation est entre nos mains à nous. C'est nous qui entraînons cette perdition.

<....>

 


Courants sous l'étiquette Islam

Courants de l'Islam

(Source Wikipedia)

Courants sous l'étiquette Christianisme

Courants Christianisme

(Source Wikipedia)

Courants sous l'étiquette Judaïsme

Judaïsme orthodoxe, judaïsme conservative appelé également judaïsme Massorti et judaïsme réformé. Il faut ajouter le mouvement reconstructioniste, le judaïsme séculaire humaniste, le renouveau juif.

Mise à jour le Mardi, 13 Janvier 2015 18:31